Chapitre 5 - Padmée ou l'Orgueil - Cinquième Jour

Chapitre 5 -  Padmée ou l'Orgueil - Cinquième Jour
L'après midi vient tout juste de commencer. C'est un bel après midi d'été, chaud et ensoleillé. Padmée déclame son texte de théâtre avec emphase, gesticulant dans tous les sens, écoutant son public, et provoque des fous rires à répétition. Elle joue, elle vit sa passion et elle a oublié le reste. Les événements étranges, Sebastian. Tout.

Aurore la fixe, et ne peut détacher son regard d'elle. Son amie l'a magnétisée, envoûtée. Padmée semble transformée, une autre femme, plus belle, plus attrayante. Amy, autre apprentie comédienne écoute attentivement et apprend aussi. La jeune fille qui joue devant elle a suivi l'option d'art dramatique au BAC, et a donc suivi de nombreux cours. C'est la première fois que la jolie rousse voit son amie jouer. Elle doit avouer qu'elle est bluffée. Elle se doutait que ça ne serait pas mauvais, mais ne pensait pas que ça puisse être bon. Vraiment très bon.

Laura, Cassandre et Eloise n'écoutent plus, et ce, depuis pas mal de temps. Leurs regards passent de Padmée à Sebastian. Il ne la quitte plus des yeux, comme s'il découvrait cette fille, alors qu'il a côtoie depuis quelques jours déjà. Elles l'ont d'ailleurs entendu murmurer :
-« Un diamant brut sous des guenilles... tssss ! »

La mine du jeune homme reste concentrée et sérieuse, on dirait qu'il boit les paroles de leur amie. Celle-ci a bien remarqué de Sebastian la regarde d'une façon qu'elle ne lui connaissait pas. Mais elle n'en a cure. Elle ne lui accorde que de vagues regards, distants et complaisants. Comme si elle était intouchable.

Padmée termine dans un rire clair et salue en multipliants les pitreries. Elle adresse un sourire mutin au garçon. Un de ses sourires qui veulent dire :
-« Essayes de m'attraper... Si tu t'en crois capable ! »
Sebastian l'observe avec flegme et calme. Il a tout son temps. Et aucune femme ne lui résiste. Jamais. Une nouvelle partie s'engage.

Eloise a un pincement au c½ur. Elle se doutait bien que Sebastian continuerai de papillonner, mais elle ne pensais pas qu'un jour elle devrait entrer en concurrence avec une de ses meilleures amies, qui elle ne demandait rien. Padmée n'appréciait pas tellement la présence des hommes... Elle avait vécu trop de déboires sentimentaux, et avait fermé son c½ur pour ne plus souffrir.

A chaque fois qu'on reparlait de ses anciens amoureux, elle tournait la tête, embarrassée et triste. Alors, elle avait décidé, après une nouvelle désillusion qu'elle ne chercherait dans la compagnie d'un garçon qu'amusement et discussions passionnées. Du moins jusqu'à ce qu'elle ai terminer de panser ses blessures.
Cassandre, quand à elle, trouvait qu'ils étaient bien mal assortis. Trop de fougue en elle, trop de calculs pour lui. Laura n'avait pas pu s'empêcher de lui glisser que c'était parce qu'il lui avait fait oublier Adrian qu'elle était si sarcastique. D'ailleurs, Padmée semblait prendre ses tentatives de séduction comme un jeu ou elle allait le mener du bout du nez. Mais la jeune fille ne savait pas dans quoi elle s'engageait. Aucune de ses amies ne lui avait confié le danger qu'il y avait pour un c½ur de croiser le regard noir de Sebastian.

Amy se leva, pour couper court aux rires étouffés des trois filles.
-« Si nous allions nous baigner au lac ? » propose t'elle.
Padmée hoche la tête en souriant. La chaleur est étouffante. Oui nager leur fera du bien et leur apportera un peu de fraîcheur. Elle se lève avec fierté et rejoint son amie. Les autres les rejoignent, de bonne humeur.

Sebastian est resté un peu en retrait, puis les rattrape. Arrivé à la hauteur de Padmée, il lui prend le bras, doucement, et la fait se tourner vers lui. Il la fixe avec intensité. La jeune fille jette un coup d'½il alentour. Par réflexe, les autres ont augmenté l'allure afin de les laisser seuls à seuls. Aurore est restée au manoir. De la fenêtre de sa chambre elle observe ce jeune couple, et contrairement à Cassandre les trouve divinement bien assortis. Mais elle pourrait parier que pour Sebastian les femmes ne sont que des passes temps. Padmée n'en sera qu'une de plus et puis c'est tout. Et au final, elles devront l'aider à ramasser son c½ur en miettes. Elle soupira contrariée, et s'allongea sur son lit pour réfléchir et se reposer un peu.

Padmée n'aime pas que Sebastian la dévisage avec cet aire énigmatique qu'elle connaît bien désormais.
-« Que voulez vous ?
-J'ai déjà entendu ça quelque part... »
rit le jeune homme, en pensant à la question d'Eloise, la veille. La réponse claque, acide ;
-« Peut être est ce parce que dès que l'on est à vos côtés, quand on vous parle, que sais je encore, on à l'impression d'être un objet. Mais je ne suis pas un objet. Pas fille à céder comme ça, au premier bellâtre ! »

La mine de Sebastian, au lieu de s'assombrir sous l'affront devient encore plus joyeuse.
-« L'Orgueil est un bien vilain défaut, Padmée...
-C'est aussi un péché capital, merci, je sais.
» conclut t'elle avec humeur.

Elle veut s'éloigner de lui, vite. S'éloigner pour éviter de faire une bêtise. Ce garçon, comme pour ses amies, la révulse autant qu'il l'attire. La jeune fille sait que Sebastian n'est pas net et qu'il s'enveloppe de mystères. Qu'il a des choses à cacher aussi. C'est ce qui le rend si séduisant et si attrayant pour elle. Et puis ses grands yeux noirs ont fait chavirer son c½ur dès le premier regard qu'il a posé sur elle.
-« Un jour quelqu'un m'a dit de ne pas prendre garde à celui qui attaquait. Il ne fait en fait que se défendre... » raconte Sebastian, d'une voix apaisante et grave, avant de reprendre :
« Mais vous Padmée, que diable défendez vous ? »

La jeune fille se sent rougir. Elle ne sait pas trop quoi répondre. Le garçon jubile. « Touché ! ». Cet air de victoire, fugace certes, n'est pourtant pas passé inaperçu. L'Orgueil renvient au galop. Une gifle magistrale l'accompagne, et s'écrase sur la joue du jeune homme. Padmée ponctue son geste par un :
-« ça fait du bien ! »

Puis elle reprend son souffle et continue, énervée :
-« Je me défends de m'abaisser comme vous voudriez que je le fasse !
-Et qu'est ce qui vous fait penser ça ?
-Pas avec moi l'air innocent, ça ne prend pas
!» reprit la jeune fille, élevant un peu plus le ton. Il s'était un peu rapproché d'elle. Padmée pouvait sentir son souffle chaud lui lécher le visage, ainsi que son odeur de chocolat ? Elle continua, un peu radoucie :
-« Je ne suis pas née de la dernière pluie. Je ne suis tombée amoureuse que de sales types. Je sais donc voir dans certains jeux...
-Quelle haute estime de vous-même, quelle arrogance !
» ironise Sebastian.

« Si tu savais tout de moi, tu aurais déjà fui trésor... » ne peut il s'empêcher de penser.

Elle s'est écartée de lui et se dirige vers le lac. Il ne s'avoue pourtant pas vaincu, lui saisit les épaules et la retourne brusquement. Padmée tend ses muscles, prête à cracher son venin. Il soupire, presque amusé de ne pas parvenir à la faire céder. Elle, de son côté, l'observe et le trouve beau. Un vrai prince charmant. Le genre d'homme tout du moins, qu'elle rêverait d'épouser, comme ses amies d'ailleurs. Mais comment a-t-il pu l'envoûter, en quelques paroles et sourires en coins, ça elle ne le sait pas. Elle ne le comprend pas.

Pour le moment, Sebastian est là, à côté d'elle, et il serra sa main dans la sienne, les yeux brillants. Cette étrange lueur, d'une infinie douceur, est comme un feu qui s'embrase peu à peu en elle. Padmée c'est un peu débattue au début, plus pour la forme que pour s'échapper vraiment. Maintenant, elle abandonne. Son c½ur bat à tout rompre, comme s'il allait exploser dans sa poitrine.

Le jeune homme observe sa compagne, si fière et impétueuse. Des cheveux châtains qui encadrent le visage ovale et tombent élégamment dans son dos, que le soleil fait briller, leur donnant un joli ton cuivré, qui fait ressortir de grands yeux verts malins et rieurs. Elle ne porte pas, pour la première fois qu'il la voit, ses lunettes. Aujourd'hui, étrangement, c'est la première fois aussi qu'il trouve qu'elle ne manque pas de charmes.

Des clapotis et des rires rompent la magie du moment.
-« On devrait aller les retrouver. » murmure t'elle, rougissante.
Ils sont arrivés. Padmée observe l'eau miroiter sous le soleil, avec envie. Sa proximité avec Sebastian a embrasé son être, et elle meurt de chaud. Sans prendre la peine d'enlever son bustier bleu et son pantalon de lin, elle plonge dans la mare, en criant.

Le jeune homme la rejoint quelques instants plus tard. Il lit dans les prunelles de la jeune fille de la convoitise et du désir. Il est torse nu, et les n½uds de ses muscles saillent. « Vraiment il est bien fichu. » songe t'elle. Cependant, sa fierté l'emporte toujours, et le reste de sa personne n'affiche pas le moins du monde le trouble qui s'est immiscé en elle.

Sebastian nage doucement vers sa proie, sûr de lui et de sa plastique. Il enserre la taille svelte de la jeune femme, la presse contre son c½ur. Padmée émet un hoquet de surprise, le regarde hébété. Puis elle sourit. Il trouve qu'elle rayonne. Maintenant elle est fière d'être dans ses bras, et assouvit ainsi son orgueil. Le garçon lui aussi est imbu de sa personne.

-« Comme il est aisé d'emmener les gens exactement là ou l'on veut qu'ils aillent »

Sebastian sent le corps de la jeune femme se raidir, son bassin commençant doucement à s'arquer. Elle pose sa joue contre le torse du jeune homme. Son c½ur s'emballe un peu plus quand les mains de Sebastian parcoururent le bas de son dos. L'espace d'un instant, elle a peur. Peur d'aller trop vite, peur de l'irrémédiable qui risque de se produire entre eux. Le jeune homme, lui, effectue des gestes tendres et précis. Enfin c'est ce qu'elle croit. En réalité, pour Sebastian, tout ceci n'est qu'une mascarade, une mécanique bien huilée pour parvenir à ses fins. Rien de plus. Rien de moins.

Les jeux de Cassandre, Laura, Amy et Eloise parviennent aux oreilles de Padmée, mais très lointain, presque assourdis, alors que Sebastian et elle ne sont qu'a une dizaine de mètres, masqués par des plantes aquatiques qui accueillent leurs étreintes. Elle ferme de nouveau les yeux quand il se penche sur elle et que ses lèvres lui frôlent le cou. Un frisson la saisit et l'électrise assez pour qu' elle ose croiser ses mains sur la nuque de Sebastian et caresser ses courts cheveux noirs.

Le jeune homme note qu'elle se calme peu à peu, qu'elle s'apaise. Il pose son front sur celui de la jeune fille. Puis, avec précaution, il vaut saisir ses lèvres. Un dernier soubresaut d'Orgueil fait réagir Padmée, qui se défile et glisse entre ses doigts. Avec un sourire gêné, devant l'air étonné de Sebastian, elle explique :
Je ne peux pas... Je crois que vous êtes quelqu'un qui aime papillonner de femmes en femmes, de c½urs en c½urs. Je... je ne veux plus souffrir.
-A quelles conditions pourriez vous être mienne ?
-Faites de moi votre reine !
» se moque gentiment Padmée, avant de nager ver la berge.

Elle jette un dernier regard à Sebastian qui ne bouge pas. Sur son omoplate, un tatouage. Une étoile à cinq branches entourée d'un cercle. Elle sort de l'eau, rebrousse chemin. La jeune femme est soucieuse. Pourquoi donc son orgueil est il attisé auprès de ce jeune homme ?Sebastian de son côté, frappe violemment l'onde. Il est dépité :
-« Echouer si prêt du but ! »Il est mécontent. Il en veut à sa nature. Le jeune homme a conscience que sa présence exacerbe les défauts et péchés des hommes. C'est L'Orgueil de Padmée qui l'a sauvée. Et qui l'a perdu lui. Il se retourne et tente d'afficher une bonne figure à ses autres convives. Malheureusement pour lui, elles sont déjà, elles aussi, sorties, courant après leur amie.

Leurs questions, pressantes et souvent déplacées la gênent. Pourtant, elle a fait de même avec elles, par le passé. La jeune fille ne sait que répondre car elle connaît l'attrait que Sebastian produit chez chacune d'entre elles. Elle monte se changer et se précipite ensuite dans la bibliothèque. Aurore s'y trouve déjà, ainsi que les quatre filles.
-« Alors, la baignade ? »

Laura pouffe. Amy sourit, narquoise. Eloise lève la tête de son ouvrage. Cassandre cesse de jouer du piano.
-« Elles ne t'ont pas raconté ? » s'étonne faussement Padmée.
Sebastian a toujours été ainsi, c'est dans sa nature tu sais...
-Je sais.
» se contente de répondre la jeune femme.

Elle se saisit de l'échelle de bibliothèque, gravit plusieurs barreaux, se saisit d'un vieux livre relié de cuir rouge, s'installe à une table et commence à le parcourir, négligemment. Sebastian te trouve à la galerie et les observe toutes les six. Un calme et une volupté immense émanent des filles. Comme une communion. Une confiance infinie aussi entre elles. L'équilibre des adultes et l'insouciance des enfants, le tout conjugué. En les détaillant, à la dérobée, il songe à ce qu'il lui reste encore à accomplir, les yeux dans le vague, l'esprit occupé par l'une de ses jolies invitées.
-« Mais pourquoi, par l'enfer, quand elle danse, insolente, ses yeux de feu m'embrasent et me hantent ? Quelle brûlure, quelle torture, les flammes de sa chevelure flétrissent mon corps d'obscènes meurtrissures. »

Amy relève la tête et croise le regard de Sebastian. Aurore fronce les sourcils. Elle ne comprend vraiment pas ce qu'il se passe dans la tête de son vieil ami. Il lui jette un clin d'½il plein de malice et retrouve son air affable et enjoué. Il entre de nouveau dans la peau de son personnage de gentleman.
-« C'est mieux.. » songe la brunette.

Il descend les escaliers doucement. Cassandre avait recommencé à jouer et une musique douce et mélancolique inondait la pièce. La future étudiante en droit évitant soigneusement de croiser son regard. Eloise lève son beau visage pâle vers leur hôte. Il glisse une main sur sa joue et son regard brûlant embrase se nouveau le c½ur de la jeune fille. Elle se moque dans son moi intérieur de leur situation. Des mouches autour d'une tarte, voilà ce qu'elles sont devenues.

Sebastian avait réussi à conquérir le c½ur de chacune, pour des raisons différentes. Bien que profondément soudées, les amies s'était pour lui, transformées en rivales. Il s'en aperçut a cet instant seulement. C'était à qui lui coulerait le regard le plus suggestif, qui afficherait le plus beau sourire. Seule Padmée ne bouge pas d'un cil. Il se place devant elle :
-« Quelque chose cloche ?
-Chat échaudé craint l'eau froide »
répond la jeune fille, distante.

Les cinq amies se dévisagent, étonnées. Qu'a-t-il bien pu se produire pour que Padmée, si douce, si courtoise et si bavarde veuille couper court à une discussion ? Elle qui appréciait tant la compagnie de Sebastian et leurs conversations. La petite brune aux yeux verts se contente de refermer le lourd volume d'un coup sec, se lève vivement et quitte la pièce, sans prêter attentions aux regards interrogateurs qui épient chacun de ses mouvements.

Tous restent interloqués. Même Sebastian.
-« Pour une fois » Lâche Cassandre, ironique.
-« Elle sera plus dure que les autres » Murmure le jeune homme pour lui seul. Il est frustré, en colère mais aussi admiratif. Et puis, c'est un prédateur. Il attendra et saura se saisir de sa proie.
-« Tout vient à point à qui sait attendre » se remémore t'il.

Padmée est seule dans sa chambre. Elle est à la fois affolée et apaisée. Elle branche son i-pod, choisi la chanson intitulée « One Day », extraite de la Bande originale de Pirates des Caraïbes, son film favori.

Ce qu'elle vient de lire, elle ose à peine y croire. Le tatouage de Sebastian, sur le haut du dos est un très vieux symbole. Un pentacle. Le fameux signe du Da Vinci Code. Un symbole étrange et méconnu, tout droit sorti de la nuit des temps. Elle vient d'apprendre qu'il peut désigner soit la vie, soit là mort. Mais dans le cas de Sebastian, quelle est la définition à choisir ?

Padmée observe le soleil dehors et écoute le chant des oiseaux. Tout sembla paisible. La jeune femme s'adoucit, et s'accoude à son balcon. Elle saisit son livre préféré, Merlin L'Enchanteur, de Barjavel et commence à le parcourir. Un sentiment de bien être l'inonde toute entière. Non, la vie est trop belle. Ce n'est peut être qu'une coïncidence, après tout.

Elle adresse un regard au soleil qui lui offre ses derniers rayons et serre entre ses doigts sa médaille. Elle ne peut pourtant chasser de sa tête cette citation, qui la rend perplexe face à sa découverte.

Mêmes histoires, différentes versions, et elles sont toutes justes.

# Posté le mardi 02 septembre 2008 14:23

Chapitre 6 - Amy ou la Jalousie, Sixième soir, Ultime Nuit

Chapitre 6 - Amy ou la Jalousie, Sixième soir, Ultime Nuit
Le soleil s'était couché depuis longtemps, maintenant. Tranquillement assise sur l'un des nombreux canapés du salon, Amy écoute ronronner le feu qui flambe et crépite, incapable de dormir.

D'un geste machinal, elle passe ses doigts à son cou, fâchée de ne pas y trouver son pendentif. Amère, elle soupire. Il est le premier cadeau, le plus précieux parmi tous ceux que Zack lui a fait... comment a-t-elle pu le perdre?

Ses pensées s'égarent, et elle fixe le feu, sa figure rougissant sous la chaleur des flammes. C'est qu'elle est belle, Amy. Ses cheveux fins et roux encadrent sa frimousse à merveille. Elle est la plus jeune des six, elle qui peste d'atteindre à peine dix-sept ans alors qu'elles vont entrer à l'université. Et pourtant, elle est la seule, avec Cassandre, a être sérieusement casée, depuis plus de trois mois!

Elle s'étend avant de se pelotonner à nouveau, songeant à ses amies. Elles étaient vraiment liées, au lycée, bien qu'Aurore ait été plus distante au départ, appartenant à une autre classe. Lorsque la terminale s'était finie, elles avaient maintenu le contact, refusant de briser les liens. Elles s'étaient soudées, trouvant la moindre occasion pour se voir, ne se quittant plus...

Des restos en juin et juillet, la fête de la musique, le BAC... Rien ne pouvait et ne pourrait les séparer, s'étaient-elles juré.
Et pourtant... voilà que ce qui devait être parmi leurs plus belles vacances tournait progressivement en cauchemar... certes, mais un cauchemar doux, sucré, ne donnant jamais l'envie de s'en éveiller.

Le cauchemar était personnifié en Sebastian, et n'en restait pas moins terriblement attirant. Il avait fait succomber, une à une, les filles de la maison, semblant s'amuser, inconscient de l'Envie qui rongeait Aurore quand elle le surprenait, la langue Gourmande de Laura quand il passait près d'elle, le bouillonnement intérieure de la Colère de Cassandre quand elle le voyait avec une autre qu'elle, les poses lascives de la Paresseuse Eloïse, la dignité feinte par Orgueil de Padmée, affichée toute la journée puisqu'il semblait être à nouveau passé à autre chose. Quoique... peut-être le savait-il pertinemment, en fin de compte. Peut-être qu'il s'en amusait follement.

La plus jeune des six, Amy savait être la plus avisée, la plus observatrice. Elle pensait aussi pouvoir servir de tête froide, être celle vers qui on pouvait se tourner. Alors, pourquoi, pourquoi ne supportait-elle pas non plus de voir leur hôte flirter avec ses amies? Pourquoi voulait-elle, depuis qu'elles avaient toutes surpris la scène de proximité troublante entre Aurore et lui, se retrouver à sa place, serrée contre ce torse puissant? Elle avait Zack!

Nom de Dieu, pourquoi était-elle jalouse?

La jolie rousse ramena ses jambes contre elle, enfonçant sa tête dans ses genoux, tentant de chasser l'image tentatrice de Sebastian pour la remplacer par celle de Zack. Rien à faire.

- Quelque chose ne va pas? Tu es debout bien tard.

Elle releva précipitamment la tête, heureuse de ne pas avoir laissé les larmes noyer ses yeux. Sebastian se tenait là, la main élégamment posée sur la rambarde des escaliers, qui semblait si légère... Comment une posture aussi simple pouvait elle dégager autant de grâce?

Plus important, il avait dû s'inquiéter subitement du feu allumé et se lever pour aller l'éteindre, pensant être le seul debout, puisqu'il n'était vêtu que d'un simple pantalon de jogging noir, découvrant totalement son torse hâlé.
Parce qu'elle ne savait pas quoi dire, et parce que l'apparition la fascinait, Amy ne répondit pas.

Le jeune homme s'invita à ses côtés, adoptant la même posture qu'elle, posant sa tête sur ses genoux, contemplant le feu. Les flammes se reflétèrent dans ses prunelles sombres, comme le premier jour, captivant la jeune femme.

Un tambourinement sourd la sortit de ses pensées. C'était un bruit doux, et elle mit un temps avant de l'identifier: dehors, la pluie tombait doucement, ruisselant sur les gigantesques vitres, dessinant des méandres d'eau abstraits et beaux.
Elle entendait le souffle de Sebastian, le sien, le crépitement du feu et les gouttes de pluie s'écrasant sur le toit. Rien ne venait troubler le tableau, et pourtant il n'était pas serein.

- Tu veux dire quelque chose?

La voix de Sebastian avait finalement rompu le silence pesant.

- Es-tu avec Aurore? Laura ou Eloïse? Cassandre? Padmée, peut-être?

Dehors, la pluie s'intensifia, et un éclair zébra le ciel. Sebastian ne répondit pas.

- Tu ne dis rien?
- Ce n'est pas la question que tu veux me poser, je me trompe?


Ce fut au tour d'Amy de ne pas répondre. Bien sûr que non. Elle se fichait d'avec qui il était. Ce qui l'importait, c'était avec qui il n'était pas. Elle, en l'occurrence.

- Combien... combien de temps vas-tu continuer à jouer avec elles? Vas-tu les faire toutes souffrir?
- Ce n'est pas la bonne question, Amy.
- ... Es-tu sincère?
- Amy...
- Me regardes-tu?
- On s'approche...


Alors que la jeune femme refusait de céder, comme si poser la question qui lui brûlait les lèvres serait à elle seule une infidélité, Sebastian glissa doucement sa main sous son menton, la forçant à tourner la tête et à le regarder dans les yeux.

- Je t'observe, Amy... sans cesse... dois-je arracher à ta bouche cette question?

Il s'approcha de son visage, ses lèvres si bien dessinées à quelques millimètres de celles de la rousse, qui sentait son c½ur s'affoler. Après cinq nuits à y penser, cinq nuits à jalouser ses amies, puis à culpabiliser à s'en faire vomir, c'était enfin à son tour d'être aussi proche du ténébreux garçon. Trop proche... Beaucoup trop proche.

- A... my...

Son prénom, susurré ainsi par la voix impatiente du jeune homme la fit frissonner, alors qu'il réduisait encore la distance entre eux deux, et qu'elle se perdait dans ses yeux noirs onyx.

- Pourquoi... elles... et pas moi?
- Tu es en couple, non?


Il était tellement proche, ses lèvres effleurant presque les siennes lorsqu'il parlait, faisant durer la douce torture.

- Cassandre... aussi... lâcha-t-elle, articulant la phrase, tendant les lèvres.

L'une d'elles effleura à peine l'épiderme de Sebastian, et pourtant, elle fut parcourue d'un violent frisson.

- Tu es... jalouse, Amy?

La seconde main, chaude et douce, du garçon, enserra le corps fin de la jeune femme, passant doucement sous la tunique rouge qu'elle portait, effleurant le bas de son dos, multipliant les frissons, alors que la première caressait toujours doucement son visage.
La jeune femme céda. Elle combla son péché, assouvit sa jalousie, prit ce qui avait été aux autres.
Elle étendit ses jambes, pivota son corps, l'abandonnant au garçon.

- A en mourir.

Alors, enfin, le garçon mit fin à l'infime distance qui les séparait, et posa ses lèvres sur les siennes, quémandant d'une langue taquine l'accès à sa bouche. Elle le lui accorda bien vite, totalement submergée par les sensations qui déferlaient, le laissant dominer le baiser. Une chaleur intense enflamma ses reins, alors qu'elle avait l'impression que son âme s'échappait par sa bouche, dérobée par Sebastian.

Mais elle ne voulait pas s'éloigner, goûtant un plaisir qu'elle était la dernière à savourer, refusant de le laisser partir, jalouse de ce qu'elle avait gagné.
Ce fut lui qui s'écarta, de peu cependant, restant penché au-dessus d'elle.
D'un léger mouvement de la main, effleurant son bassin, il lui électrisa encore le corps et les sens, la faisant se cambrer légèrement. De ce fait, ses hanches touchèrent les siennes, provoquant un nouveau frisson.

- Se... bastian...

Elle cherchait ses lèvres, mais il ne semblait pas disposé à les lui offrir une nouvelle fois, se contentant de parcourir le bas de son dos de sa main experte, l'autre descendant doucement son cou, parcourant lentement l'épaule.

- Pourquoi... après les autres?
- Parce que c'est toi.
- Pourquoi... les autres... alors?
- Parce que c'est moi.


La vérité s'imposa à Amy, lorsqu'elle réalisa qu'elle avait raison. Il jouait bel et bien avec elles, s'amusant de la pose alanguie qu'elle avait, exultant devant son corps offert et ses yeux troublés.
Elle posa une main sur le divan, tentant de se relever un peu, chassant l'envie de possession que la Jalousie avait fait naître.
Il interpréta mal, volontairement ou non, son geste, et déposa un baiser entre son épaule et sa gorge, manquant de la faire chavirer à nouveau.

- A... Arrête...
- Hmm?
- Arrête...


Une lueur étrange passa dans ses yeux, mais ce n'était pas de l'étonnement, elle en aurait mis sa main au feu. Plus une frustration, une colère.
Elle le dévisagea, la Jalousie maladive qui la rongeait s'éclipsant, ne laissant que le remord de s'être abandonnée ainsi au garçon, alors que Zack l'attendait.

- Tu as une autre question, pas vrai?
- Pourquoi fais-tu ça? Ce n'est qu'un jeu? N'éprouves-tu aucun remord à faire souffrir celles qui croient que tu leur resteras? La plupart d'entre nous... espèrent encore une fin comme dans les mauvais films à l'eau de rose... avec un mariage...
- Un mariage?


Amy se mordit la lèvre inférieure. C'était vrai, elles rêvaient encore parfois, toutes ensembles, de somptueuses robes blanches, du regard amoureux et enfiévré de leur promis au bout du couloir...

- Mais tu n'offres pas ça, pas vrai?
- Qui sait...


Elle ne releva pas le fait que ça réponse convienne à ses paroles et à ses pensées. Il se détourna.

- C'est une belle idée, un mariage... vraiment belle... lâcha-t-il, de dos, alors qu'il remontait les escaliers. Oui...

Elle l'observa s'éloigner, incapable de bouger. Il réfléchissait au fait qu'elle pensait sans doute l'avoir décrypté, mis à jour. Un sourire en coin, à faire frissonner, défigura son visage impassible, et sa voix s'éleva une dernière fois dans le vide du salon.

- Dors bien, Amy.

Il leva le bras comme pour la saluer, et un objet brillant s'éleva dans les airs. Instinctivement, la jeune fille le rattrapa, alors que Sebastian disparaissait dans les ailes sombres de Soleil Noir.
Son c½ur rata un battement.

Le pendentif volé, présent de Zack, reposait au creux de ses mains.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mercredi 24 septembre 2008 09:12

Chapitre 7 - Sebastian ou la Luxure - Ultime nuit

Chapitre 7 - Sebastian ou la Luxure - Ultime nuit
Sebastian gravit quatre à quatre les escaliers de marbres. Vite, il passe le long du corridor aux cents miroirs, prenant bien garde de ne pas réveiller Cassandre. Il s'introduit dans un autre couloir, glisse devant la chambre de Padmée. La porte est entrouverte et il peut voir la jeune fille lire allongée sur son lit. Puis il croise Aurore qui hoche la tête humblement. Il traverse un salon, soulève une tapisserie, ouvre la porte du passage secret et s'engouffre dedans. La course dure plusieurs minutes, le jeune homme monte et descend. Enfin, il est chez lui. Une grande pièce tapissée de velours rouge. Son antre.

Avec nonchalance il s'allonge sur son lit. Il observe ce qui l'entoure comme un chasseur observe ses trophées. Elles sont toutes là. Une à une, il détaille les toiles ou évoluent de jolies demoiselles au regard triste. Chacune il les a aimées et désirées. Et puis... Et puis il avait fait ce qu'il avait fait. Mais sa préférée reste sa première. Son portrait se tient juste à côté de sa table de nuit. Comme pour qu'il puisse toujours se souvenir d'elle, sa première victime...

On n'oublie jamais le premier homme que l'on a tué. On n'oublie jamais notre premier amour. Sebastian lui ne pouvait oublier sa première amante. C'était une jolie fille d'une vingtaine d'année. Sa peau dorée par le soleil brûlant de Babylone. Il se souvenait de sa bonne odeur de jasmin, de ses mains fines sur sa peau et de ses yeux d'un bleu profond. L'enfant représentait l'innocence du monde. Et lui avait réussit à la corrompre. Et cette fille si pure, répondait au doux nom d'Eva.

La première fois qu'il l'avait vu, il avait été frappé par son air mélancolique et seul. A cette époque, il était différent. Tout était différent. Le monde ne ressemblait pas à celui que nous connaissons. Il était si neuf que certains lieu ne pouvaient être désigné que par le doigt car ils n'avaient pas de nom. Et elle puisait de l'eau sur une rive du Tigre.

Elle avait relevé ses grand yeux et elle l'avait vu. Alors Sebastian avait su que plus jamais rien ne serait comme avant. Sur l'instant, il avait nourrit pour Eva une passion dévorante qui lui avait coupé le souffle. C'est là qu'il avait découvert le dernier des péchés : La Luxure.

La jeune femme ne se doutait pas de l'effet d'un corps de fille peu produire sur les hommes. Mais l'intensité du regard de cet étranger lui avait plus. Son sourire moqueur et ses cheveux d'un noir aussi profond que la nuit avaient touchés son c½ur. Pauvre Eva. Si seulement elle avait su, elle se serait enfuie en courant. Mais Sebastian savait cacher son jeu. Et il avait fait d'elle ce qu'il faisait désormais avec toutes ses maîtresse. Un objet de plaisir et de jeu, qu'on jette dès qu'il lasse.

Il s'était doucement approché d'elle, pour ne pas la faire fuir. Etrangement, Eva, si farouche d'ordinaire n'avait pas bougé. Sa réputation de fille éternellement chaste avait attisé les sens Sebastian. La chute n'en serait que plus cruelle que plus délectable. Elle coula un regard en coin à ce garçon qui ne la quittait pas des yeux et rougit. L'étranger l'avait magnétisée. Comme dans un rêve il lui avait pris la taille et l'avait soulevée avec précaution. Le c½ur de la jeune fille s'était mis à battre à tout rompre dans sa poitrine. Elle ne savait pas ce qui allait suivre, mais elle se doutait que ça ne serait pas très pur. Pourtant, l'enfant s'en moquait. Elle voulait ces bras autour d'elle, ces baisers et ces caresses que l'homme avait commencé à lui prodiguer.

Sebastian l'avait allongée sur la berge, à l'abris des papyrus. Ainsi ils seraient en paix. Avec gourmandise, il goûta cette bouche fraîche et humide pour le baiser. Il fouilla doucement la bouche de la jeune fille, l'attirant un peu à lui. Sans qu'elle ne s'en rende vraiment compte, elle se retrouva à califourchon sur lui. Amusée d'être pour un temps maîtresse de son amant, elle balada sur lui ses doigts agiles. Puis elle murmura :

-« Bel étranger, bel ami, que viens tu faire par ici ? »

Il ne lui avait pas répondu. Elle se demanda si le garçon parlait le perse.

-« Je suis Eva, la fille de Cyrus le tanneur. Et toi qui es tu ?
-Sebastian, fils du vent.
-Et bien ami voyageur, bienvenue. » avait rit la jeune fille.

Le timbre clair d'Eva raisonnait encore dans la tête de Sebastian, comme pour le hanter. Il ne regrettait pas ce qu'il avait fait. Mais c'était la première et elle avait pris le visage de toutes les autres. Et même maintenant, en ce remémorant ce souvenir provenant de la nuit des temps, il ne pouvait faire abstraction de ce qu'il avait ressenti à cet instant. De la compassion. Lui qui connaissait le dénouement de leur étreinte, il avait hésité. Et puis il s'était repris.

La jeune fille se pencha doucement et baisa les lèvres de son amant. Puis petit à petit, elle glissa le long de son torse. Méticuleusement, elle releva le tissu qui protégeait la peau, et appliqua ses baisers sur la peau nue. Sebastian lui, embrassait son coup, son buste, tout ce qui était à portée de main. Puis, pressé, il défit la coiffure compliquée d'Eva. De long cheveux de feu coulèrent sur ses épaules, cascadant sur sa poitrine et mourant au bas de son ventre. Il releva doucement la robe de pourpre. Avec indécence, elle le laissa la regarder. Puis, elle tira sur la fibule qui maintenait couvert sa poitrine, sourire mutin aux lèvres. Sebastian pu observer la beauté d'un petit sein rond et dur comme un pomme à l'automne. Il promena son souffle sur le visage d'Eva, jouant à la sentir vibrer de le respirer, prolongeant son supplice. Il voulait prendre plaisir à l'amour. Il devinait sans doute, grâce à son savoir d'homme, combien l'attente de ses bras, de ses baisers et de son attribut aiguisaient le trouble délicieux des filles au creux de leurs reins. Avec ferveur, il posa sa paume sur la joue de la jeune fille et elle s'y frotta comme une chatte appelant la caresse.

-« Tu ne pourras plus jamais revenir en arrière.
-L'arrière c'est le passé. Et dans mon passé tu n'existes pas. Je ne veux pas revenir là ou tu n'existais pas, étranger. » avait elle répliqué, la gorge nouée par les larmes et le désir.

Il avait esquissé un sourire et avait pensé que la jeune fille romantique, par ses simples mots, venait de sceller son destin. Entreprenante, la jeune femme recommença à l'embrasser et glissa ses lèvres jusqu'en bas de son ventre. Avec délectation, il sentit les lèvres se refermer autour de lui et impliquer un mouvement de va et vient. Il soupira de plaisir, gonflant peu à peu dans sa bouche... Elle y mit tant de ferveur, qu'au bout de quelques longues minutes, il se lâcha dans sa gorge, dans un râle rauque.

Puis, le jeune homme se releva un peu. Elle enserra sa taille de ses cuisses robustes et humides. Sebastian fit basculer Eva sur le dos avec violence. Il cueillit son visage à deux mains, emprisonnant le regard de sa maîtresse dans le sien, brûlant de désirs... Alors pour la première fois, les lèvres du garçon s'emparèrent de celles d'Eva. Tous les baisers que la jeune fille avait déjà échangés lui apparurent fade, face à cette langue qui caressait des mots que jamais elle ne pourra lui dire, consumant son amour alanguit d'un feu inconnu.

Le tourbillon de la bouche gourmande de Sebastian dévorait celle de sa compagne, puis son menton, puis son cou. Le souffle d'Eva s'égara dans un gémissement, enlisant sa volonté dans un désir qui la rendait femme. La jeune fille guidait les mains de son amant dans les méandres de sa robe. Ses caresses brûlantes sur sa peau vierge l'embrasaient tout entière. Les mains que le garçon posaient sur elle ressemblaient à des ailes de papillon. Il s'empara d'un sein et y déposa ses lèvres avec ce que la jeune femme cru être de la passion. En fait ce n'était que du désir. Il s'attarda sur la gorge palpitante et savourait son insistance à la faire languir. La fille n'était qu'une poupée sous ses doigts, son esclave. Il en était le maître.

Il se pencha sur son sac de voyageur et en extirpa un bocal de terre. L'odeur qui en émanait fit saliver la jeune fille. Le visage du garçon s'illumina devant ce air de convoitise qui brillait dans les prunelle de sa partenaire. Il murmura de sa voix la plus sensuelle et tentatrice :
-« Du miel, trésor... »

Du bout de ses doigts, il prit le liquide fluide et ambrée et le fit couler entre les lèvres de l'enfant. Vorace, elle s'en délecta. Quelques gouttes avaient coulées sur sa joue que Sebastian s'empressa de chasser d'un cou de langue. Cette nouvelle sensation électrisa la jeune fille qui l'attira plus sûrement à elle. Le garçon commença donc à faire couler sur elle le miel, à la masser avec puis à y goûter, passant une langue délicieusement râpeuse sur ce corps alanguit et offert.

Eva ferma les yeux quand elle sentit la bouche de l'étranger descendre sur son nombril. Elle ne s'offusqua pas quand elle sentit son souffle chaud entre ses cuisses. Sebastian musardait à l'intérieur agrandissant son impatience. Elle prit alors conscience de ses paumes, enserrant les tempes du garçon à les broyer et de la moiteur de son pubis qui appelait la caresse. Elle ne contrôlait plus rien. Sebastian s'en rendit compte et esquissa sous la jupe un sourire de général vainqueur. Le fruit était mur, il ne restait plus qu' à le cueillir.

Un sanglot d'abandon et de plaisir noua la gorge d'Eva. Ses reins la brûlaient. Une grande chaleur l'inonda toute entière quand elle sentie la langue de Sebastian jouer avec la bouche du bas de son corps. Elle joui alors dans un cri qui libéra des larmes dans ses yeux et dans son ventre avec la même violence. Ce cri, Sebastian pouvait toujours l'entendre, comme si c'était hier. Il n'avait jamais pu oublier. Avec ce cri, il s'était senti grisé et avait prit plaisir à ce qu'il faisait. Il avait adopté la luxure comme amie et comme maîtresse à cause de ce cri.

La jeune fille ne pouvait plus désormais se contenter de caresse, elle avait besoin qu'il la possède, que l'étranger s'empare de sa virginité sans lui laisser plus rien de l'enfance... D'une petite voix, elle murmura, essoufflée :
-« Aime moi. Je t'en supplie. Prends moi, prends moi si c'est ma destinée.
-Voyons si c'est ta destinée, Eva. » avait il grogné.

Il était le maître et la jeune fille n'avait d'autre envie que d'être une servante soumise à ses caprices. Instinctivement ses reins se cambrèrent quand il s'approcha et moula son ventre à ses courbes. Il l'enveloppait et la dominait toute entière. Avec brutalité, il la redressa contre son corps massif, emprisonnant sa poitrine ronde dans ses paumes. Eva en frémit de plaisir. Il recommença à la caresser, mais avec rudesse, lui laissant à peine le temps de reprendre son souffle qu'elle ne contrôlait plus, épuisant sa chair d'un plaisir à fleur de peau. Elle cria cette fois, mais avec la jouissance d'être prise, il y avait de la douleur. Une douleur infinie, foudroyante au creux de ses reins. Le jeune homme, s'étant sentit tout gonflé de désirs venait d'entrer en elle dans un puissant coup de reins. Eva avait mal mais ne parvenait pas à le repoussait. Elle était devenue prisonnière d'un va et vient incessant et brutal, qui la soulevait que quelques pouces à chaque fois.

L'étranger aux yeux sombres la visitaient au plus profond d'elle-même sans aucun ménagement et cela lui plu. Sebastian voyait la jeune fille perdre pied, les yeux exorbités par ce sentiment étrange que l'acte d'amour créait en elle. Le jeune homme sentit que le folle cavalcade allait se terminer. Il recommença de plus belle à la visiter, voulant profiter de son corps jusqu'au dernier moment. Puis leurs deux voix se brisèrent à l'unissons pendant qu'il laissait s'écouler un liquide chaud en elle.

Eva avait appris avec le corps de Sebastian toutes les audaces, et se sentait épuisée de plaisir et de tendresse. Il la trouvait jolie, avec le feu au joue et les cheveux en bataille. Elle se pelotonna contre son torse massif et il l'y reçut.
-« Tu as faim ? »
La jeune fille avait hoché la tête affirmativement. Il avait sortit alors de son sac couleur de sable une pomme rouge. Ce met, l'enfant ne le connaissait pas, car il ne poussaient pas dans les contrées orientale. Un sourire tentateur illumina la frimousse de l'étranger. Elle mordit donc dans le fruit avec gourmandise et curiosité...

Plus Sebastian revoit cette scène, plus il se dit que c'était la curiosité d'Eva qui l'avait perdue. Elle voulait savoir l'amour, apprendre. Elle avait goûté à tout et trop vite. Il passe une main soucieuse et fit couler son regard sur un autre tableau. C'est celui qui représentera bientôt l'une des six filles. Il a tout de suite su laquelle il choisirait. Dès le premier jour. Dès la première nuit. Celle qui a le caractère le plus fort. Celle qu'il connaît le mieux. Celle qui tout de suite lui a rappelé qu'avant d'être ce qu'il est, il était un homme fait de désirs et de luxure.

Il glisse ses doigts sur les joues encore pâles du portrait. Demain il sera tout à fait achevé. Il ne peut pas vraiment aimer, mais comme quand il avait perdu Eva, il sait que cette fille sera différente des autres. Demain il comprendra sûrement. Demain la toile sera achevée et la jeune fille resplendira pour l'éternité.

Un léger toussotement le fait se retourner. L'une des filles est là. Elle le regarde intensément, de ses grands yeux curieux.
-« Enfin j'ai réussi à pénétrer dans ton antre... J'ai mis un temps fou à te retrouver.
-Je suis sûr que tôt ou tard tu y serait parvenue... » murmure Sebastian en l'invitant à entrer. Pourtant elle ne bouge pas.

-« J'aimerai tellement savoir qui tu es. Qui tu es vraiment. Tu me fais peur. Et pourtant je suis là près de toi.
-C'est peut être parce que depuis que je te connais, j'ai toujours remarqué que tu aimais vivre dangereusement.
-Je suis ton amie. Que me caches tu ?
-Rien.
-Tu mens.
-Comment faire autrement, luv' ? » Répliqua le jeune homme de sa voix souple et sensuelle.

C'est alors que le jeune fille se décide à entrer. Elle s'allonge sur le lit et prend une pose lascive. Sebastian sent son c½ur s'emballer, ses tempes bouillir et son bas ventre réagir. Cette gamine aux cheveux lâchés tombant sur ses épaules avec élégance et souplesse, les lèvres roses et humides pour le baiser le tentaient. Elle ne porte qu'une fine chemise ce qui lui laisse voir ses longues cuisses pleines de promesses. « La petite catin » ne put il s'empêcher de penser.
Elle tourna son beau visage vers lui et sourit, mutine.
-« Que fais tu planté ? Je te croyais plus éloquent. Et puis... Et puis je veux t'apprendre. Et je suis sûre que tu vas pouvoir m'y aider.. »

Elle avait dégrafé un bouton, puis un autre. Une épaule ronde et ferme était apparue. Sebastian n'y tient plus. Il s'approche d'elle et prend son visage entre ses mains. Il y dépose un baiser brûlant. Quand ils rompent l'étreinte de leurs lèvres, elle souffle :
-« Tu n'es pas un homme comme les autres. »

Sebastian hoche la tête, et plonge son visage dans la gorge de la jeune fille, qui lui est offerte. Il lui écarte un peu les cuisses et tous deux plongent dans les méandres et les délices de la Luxure.

Le silence est revenu dans la pièce après les émois que produisent les jeux de l'amour. Le jeune homme passe une main dans les cheveux de sa maîtresse avec douceur. Elle se réveille, papillonne des cils, soupire. Puis, elle ramasse son vêtement et s'enfuit dans la nuit.

Au loin, une cloche sonne. Il est minuit.

La princesse c'est enfuie et l'amant la regarde partir.

Il sait qu'elle sait tout de lui désormais.

Il murmure avec une pointe de regrets et d'amertume :
-« Tu es la plus intéressante des six... »
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le samedi 15 novembre 2008 05:10